Histoires d’eau…

Comme la plupart des labradors, Mazout est un nageur inconditionnel. La moindre flaque est déjà propice à des ébats : patauger, gabouiller, c’est l’une de ses passions. Mazout vous propose ici une revue de détail des différentes étendues d’eau qu’il aime fréquenter (ou pas) avec son mode d’emploi à destination des autres chiens amateurs de baignade.

La flaque

Oui, la flaque ça reste de la flotte. Généralement boueuse, même si elle est profonde, la flaque ne doit pas être contournée : il faut passer dedans à tout prix ! Si le temps est agréable, qu’il fait un peu de soleil et une température suffisante, profitez-en pour vous rouler dedans : vous obtiendrez ainsi une belle couleur noirâtre qui fera réagir votre maître, qui grimacera, râlera ou éclatera de rire selon son humeur.

Le fossé

Spécificité de la campagne, le fossé borde la route, et quand on marche dedans ça fait des splashs particulièrement agréables à l’oreille. Avec un peu de chance, il se trouve près d’une ferme et dégage d’alléchants relents de purin. S’il a beaucoup plu, on pourra s’y immerger jusqu’au poitrail. Un argument de poids pour les maîtres, c’est qu’on est plus en sécurité en marchant dans le fossé, car sur la route il peut y avoir des voitures (ou des tracteurs…).

La fontaine

Exclusivité urbaine, la fontaine est LE lieu idéal pour une baignade citadine durant les chaudes journées d’été. Vos maîtres seront rarement d’accord, mais en insistant un peu vous les convaincrez. Au pire, attendez d’être assez proche du bord et sautez brusquement, ils n’auront pas le temps de tirer sur votre laisse. Profitez-en pour amuser la galerie, faire le pitre, voire même japper, et refusez de sortir quand vos maîtres vous le demandent histoire de les forcer à crier et à finir d’ameuter tout le quartier.

La rivière

Du petit ruisseau à la rivière plus profonde, le canal ou le torrent de montagne, les courants varient dans les cours d’eau. Méfiez-vous tout de même de vos maîtres, qui n’y comprennent rien et veulent parfois vous pousser à vous mettre en danger contre votre gré. Si vous ne voulez pas y aller, n’y allez pas, même si on vous encourage et qu’on vous lance un bâton. Le risque sinon, c’est de vous faire emporter par le courant : vous aurez beau nager, vous ferez au mieux du sur-place. Le seul point positif c’est que vous verrez votre maître sauter à l’eau pour vous sauver, puis votre maîtresse lui hurler dessus parce que 1) cet abruti a failli vous tuer et 2) il a sauté à l’eau avec ses papiers et les clés de la voiture, s’il les avait perdus on aurait eu l’air malin c’est n’importe quoi !

La mare

Saumâtre à souhait, la mare est un lieu qu’affectionnent les cochons, les canards et les grenouilles. Ça tombe bien, nous les chiens on est un peu un mélange de tout ça… Préférez la baignade en mare juste avant de monter dans la voiture de votre maître, qui appréciera ainsi tous les arômes ruraux que vous dégagerez une fois enfermé dans le coffre ou sur la banquette arrière autrefois immaculée.

La piscine

Rares sont ceux d’entre nous qui ont eu la chance de se baigner dans une piscine. Il faut dire que les propriétaires de la piscine ne sont JAMAIS d’accord (ils ont peur pour leur liner, leur filtre, leur robot…). Il vous reste donc deux options : soit vos maîtres cautionnent votre plongeon en l’absence de témoins (ou de trop de témoins…), soit vous êtes seul contre tous, et n’avez plus qu’à choisir le bon moment. Une stratégie qui a fait ses preuves : faites semblant d’être calme et d’avoir bien compris que vous ne pouvez pas aller à l’eau, et rapprochez vous du bord ; dès que quelqu’un plonge, n’écoutez que votre courage et jetez vous à son secours dans un superbe plat aussi bruyant qu’éclaboussant ; nagez ensuite jusqu’au baigneur et labourez-le de vos griffes en tentant de le sauver. Quand on vous fera sortir de l’eau en râlant, prenez un air ravi et faites un sourire insolent.

L’étang ou le lac

L’avantage des plans d’eau c’est que l’on peut souvent trouver des bâtons à proximité. Commencez par vous immerger entièrement, puis ressortez trempé, campez-vous devant vos maîtres et jappez avec indignation jusqu’à ce qu’ils ramassent un morceau de bois et vous le lancent. Si le bâton est assez gros, allez le chercher et rapportez-le. S’il est d’une taille que vous jugez insuffisante, jetez vous à l’eau mais ne rapportez pas le bâton : retournez sur la berge et renouvelez l’opération jusqu’à satisfaction. Si vos maîtres ronchonnent n’en tenez pas compte, cela leur passera. S’ils se mettent à crier, soyez comique, il ne résisteront pas.

Le fleuve

Larges et majestueux, les fleuves sont parfaits pour une baignade. Malheureusement, ces rabat-joie de maîtres sont méfiants vis à vis du courant et de votre capacité à rester sur le bord. Aussi ils ne vous laisseront pas y aller à certains endroits (près des ponts où il a de gros remous et des sortes de siphons par exemple) et préféreront des criques plus calmes, voire bordées de petites plages, où vous pourrez batifoler. Oubliez également la baignade dans le fleuve en cas de crue. Le seul fait d’approcher trop près du bord provoquera les cris hystériques de votre maîtresse. Si le fleuve est calme, faites attention en vous penchant pour observer les canards de ne pas tomber de la berge lamentablement, ce qui provoquerait dans un premier temps l’effarement de vos maîtres et dans un second temps leur hilarité.

La mer et l’océan

Les étendues d’eau salée ont leurs avantages mais aussi leurs inconvénients. Parmi les bons côtés, on peut citer le fait qu’il y ait plein de mioches et d’agitation, des ballons et balles qu’on peut voler, et du sable dans lequel on peut se rouler. En ce qui concerne l’eau en elle-même, ce n’est pas terrible au final : le sel ça pique, les vagues ça met de l’eau dans les oreilles (sacrilège), y a des gens qui vous regardent d’un sale œil alors que vous vous roulez au pied d’un panneau « interdit aux chiens », et vous vous inquiétez pour vos maîtres qui batifolent dans les vagues alors qu’ils sont de piètres nageurs, vous le savez bien.

Dans un prochain article, je vous raconterai comment j’ai appris à mes maîtres à faire du kayak de mer (et c’était pas gagné…).

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